Au bout du téléphone...

Au bout du téléphone...
Comme de nombreux français, Jeanne était une citadine accomplie; elle habitait dans un de ces gigantesques immeubles qui fleurissent de nos jours dès qu'un espace trop vide se crée en ville. Elle travaillait d'ailleurs au quarante-septième étage de la Tour Montparnasse où elle exerçait un métier plutôt banal, qui ne sort pas de l'ordinaire: elle était secrétaire. Elle n'était pas mariée et n'avait pas d'enfants. Ses journées étaient très organisées et se déroulaient toujours de la même façon: régulières et monotones, jusqu'au soir où...

En effet, Jeanne, ce soir-là comme tous les autres soirs lisait un roman à l'eau de rose dont elle raffolait. Le téléphone, soudain, sonna. La jeune femme sursauta et alla décrocher, il faisait chaud, elle ouvrit son gilet. Qui pouvait l'appeler à minuit passé ? Une voix grave et sourde était à l'autre bout du fil, Jeanne entendait la respiration forte et inquiétante de son interlocuteur.

- Qui êtes-vous ?, questionna-t-elle, tremblante.

Pas de réponse. La secrétaire insista timidement:

- Répondez-moi !

Un cri, alors se fit entendre. Un cri de « jeune fille en détresse », puis la voix prononça ces paroles de façon mystérieuse, peu rassurante:

- Elle est en danger et toi aussi...

Suivit un long bip; la personne avait raccroché.

Jeanne était affolée, pétrifiée. Son c½ur battait à cent à l'heure. Elle avait peur, elle voyait des ombres, imaginait sa mort qu'elle pensait proche. Elle se sentait défaillir. Sa tête était lourde, très lourde. Elle s'interrogeait: que pouvait-elle faire ? Etaient-elles réellement menacées, elle et la femme du cri? Elle sentit quelque chose derrière elle, un bruit, un souffle... Elle se retourna rapidement, elle ne vit rien, une porte seulement claqua; il y avait quelqu'un dans son appartement, elle en était sure et était prête à parier sa vie la dessus. L'angoisse s'emparait de plus en plus d'elle, comme une maladie incurable qui grignote à chaque seconde un peu plus de vie...

Jeanne fouilla chacune de ses pièces minutieusement, jusque dans leurs moindres recoins; elle vida même tous les tiroirs, toutes les étagères et armoires. Dans sa chambre il était alors dur de se frayer un chemin entre ses vêtements et les couvertures. Dans la cuisine on pouvait voir de quoi était composé ses repas: uniquement « bio » et surtout sans matière grasse! Les casseroles se mélangeaient harmonieusement avec les saladiers et les plats à tarte, les couteaux se battaient avec les fourchettes, les cuillères quant à elles essayaient vainement de s'interposer...

Habituellement Jeanne était une personne plutôt ordonnée, calme et réaliste, qui ne s'énervait pas facilement , qui savait relativiser les choses, mais là, cette fois, les événements la dépassaient totalement; elle paniquait tout simplement. De plus aux informations, elle avait vu qu'une jeune fille avait été retrouvée morte et violée dans la ville voisine de la sienne, cet élément ne faisait qu'aggraver sa terreur. Ses joues étaient en feu, ses cheveux blonds en pagaille, ses yeux vert émeraude étaient grand ouvert guettant le plus petit détail tel un chat dans la nuit. Elle avait enlevé son gilet et sa jupe était froissée.

A nouveau le téléphone sonna ; s'en était trop pour Jeanne... elle s'évanouit. La nuit tomba...

Puis bizarrement, la lumière réapparut, Jeanne était assise sur son fauteuil et lisait le même livre que précédemment. Elle paraissait sereine, calme, souriante. Son deux pièces était impeccablement rangé, ses cheveux étaient rassemblés sévèrement en un simple chignon dont aucun cheveu ne dépassait, ses vêtements quant à eux semblaient sortir de chez le teinturier.

Le téléphone sonna. Une fois encore, elle sursauta, une fois encore, elle parut surprise. Une fois encore elle décrocha en déboutonnant son gilet, une fois encore la voix parla: au mot près, la conversation était identique. Une fois encore, Jeanne parut bouleversée, paniquée, terrorisée. Une fois encore elle mis sens dessus dessous son appartement, elle perdait une fois encore progressivement ses moyens. Elle allait de pièce en pièce, dans le même ordre et faisait les mêmes choses qu'antérieurement. Puis comme la première fois le téléphone sonna à nouveau, elle s'évanouit au moment où la lumière s'éteignit, une fois encore...

Ceci se répéta encore une troisième fois, puis une quatrième et une cinquième... C'était sans fin, comme une boucle infinie, les sonneries de téléphone retentissaient régulièrement dans mes oreilles, les expressions de Jeanne défilaient, sans cesse, interminablement sous mes yeux...


- C'est bon les gars! On fait une pause déjeuner; Après on tourne la scène du hangar, cria le réalisateur en souriant de toutes ses dents à l'actrice principale de son futur « chef-d'½uvre » ; il était visiblement satisfait. La dernière prise était la bonne, heureusement car ils commençaient tous à cuire sous la lumière des projecteurs.


Ecrit le 14 janvier 2003



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# Posté le dimanche 08 juin 2008 10:55

Modifié le dimanche 08 juin 2008 12:05

Carte blanche à mon esprit

Carte blanche à mon esprit
Ecrire... Dans une demi-heure, départ, boulot... je me suis levée tôt: cheveux à laver, laisser sécher... Ecrire... tracer des lettres, créer des mots, inventer des phrases, former des paragraphes... Faire une histoire... Son histoire ? Celle d'un autre ? Pourquoi ? Pour s'amuser ? Pour la postérité ? Pour exorciser ? Ecrire... un art ? un loisir ? une passion ? Une envie ! Ecrire pour soi, pour les autres... Ecrire un roman, une nouvelle, un poème... un pamphlet, une satire... Héroïne ou Héros ? Passé, futur, présent ? Choisir... Ecrire... souffrance ? plaisir ? Page blanche... Le stylo court sur la feuille sans jamais se réposer, à peiner le temps de respirer... Ecrire depuis toujours... et pour longtemps ?
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# Posté le dimanche 08 juin 2008 10:38

Modifié le dimanche 08 juin 2008 12:13

Avec des Si, je sauverais le Monde

Avec des Si, je sauverais le Monde
Si j'étais le géant Atlas, je jonglerais avec la Terre...

Si j'avais une fusée et une corde, j'irais sur la Lune... et, avec mon laçot, j'attraperais la Planète bleue... je tirais si violament qu'elle dévirait de son orbite....

Si j'étais un ouragan, je soufflerais si fort que le Monde cesserais de tourner...

Si j'étais un nuage, je provoquerais le déluge...

Si la Terre avait un gouvernail, je m'en emparerais, je braquerais à gauche... Gauche toute !!!!!!... pour éviter que cette Terre n'aille encore plus sur sa droite...



Si, si, si... avec des si on refairait le Monde... et, c'est ce que je cherche à faire... Je veux créer l'electrochoc qui guérira la Terre de tous ses maux...
Oui, car le Monde va mal, il ne tourne plus rond, il chavire, tangue... j'en ai le tournis, la nausée...

# Posté le jeudi 27 décembre 2007 12:03

Modifié le jeudi 27 décembre 2007 12:21

Et je dois vivre dans cette société là...

Croire en l'Homme devient de plus en plus utopique...


Et je dois vivre dans cette société là...
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# Posté le dimanche 25 novembre 2007 14:48

Bonne résolution !




J'ai décidé que demain serai un jour bien....



Bonne résolution !
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# Posté le samedi 10 novembre 2007 05:34

Modifié le samedi 10 novembre 2007 06:00